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Bullet Ballet

BULLET BALLET

Shinya Tsukamoto, 1998

avec Shinya Tsukamoto, Hisashi Igawa, Kinira Mano, Takahiro Murase.

Quatrième film (si l'on exclu Hiroki) du désormais reconnu à sa juste valeur, Shinya Tsukamoto. Et peut-être celui qui a le plus déçu. En trois films, les deux Tetsuo, et Tokyo Fist, Tsukamoto avait réussi à nous rendre exigeant. Tant sur le point de vue de l'histoire que sur la forme. Si au niveau de l'histoire, Bullet Ballet est un grand film, sur la forme, il faut avouer que le noir et blanc employé et les effets de clip ont très vite fait de nous irriter.

Shinya joue une fois de plus le rôle titre du film, celui d'un jeune cadre, Goda, comme il faut, dont la vie bascule quand son amie se suicide, d'une balle dans la tête. Après 10 ans de vie commune, Goda ne peut se résoudre à oublier, et chercher à comprendre, et surtout à ressentir. Comme la métaphore, " limpide ", de la vitre portant l'impact de la balle, laissant à jamais dans la vitre un trou béant, occasionnant de multiples fissures, Goda va plonger.
Et bientôt, il n'aura plus qu'une seule idée, trouver un revolver, pour comprendre le geste de son amie. Lors de sa quête obsessionnelle, il va faire connaissance avec la violence. Violence qui semble être pour Tsukamoto la face cachée de Tokyo. Au monde lisse des travailleurs, des immeubles propres, sans âmes, sans prise de conscience de la mort, son grand sujet de prédilection, Tsukamoto oppose le monde des voyous, celui de la violence. Et c'est encore grâce à une femme que Tsukamoto fait prendre conscience à Goda de la vie qui existe encore en lui.
Agressée par une bande de voyous, et notamment par la jeune fille en question qui ira jusqu'à le mordre, Goda voudra se faire vengeance, seul moyen pour lui d'ignorer la lâcheté, ou l'instinct de survie, qui l'empêche de se suicider. Ayant retrouver la bande, il finira par se lier à eux, seul comptant pour lui l'acte de violence.
Au final, après de multiples règlements de compte entre bandes, et après un meurtre malheureux, la bande sera proprement et quasiment décimée par un vieux yakusa. Goda s'en sortira, comme la jeune femme, bien que très grièvement blessé, mais là n'est pas l'important. Ce qui compte c'est que Goda ait enfin compris ce qu'était le sentiment de mort, de vie, sentir sa vie. Et il pourra courir, tel un Denis Lavant courant sur les rythmes de Bowie, courir vivre sa vie.

Bullet Ballet est peut-être le film le moins novateur de Tsukamoto, non pas qu'il réutilise les ficelles qu'il a développées dans ses précédents, mais comme s'il voulait lui même enterrer quelques thèmes majeurs que la presse a tôt fait de lui associer après Tokyo Fist, allant jusqu'à faire assassiner dans son film un boxeur, symbole de sa patte Tokyo Fist.
A son jeu fantastique de couleurs il substitue un noir et blanc texturel. Il assume nombre de référence (exemple Carax). Alors certes ce n'est pas le plus grand de chez Tsukamoto, mais ça reste du Tsukamoto !

© Brian Addav Avril 2002