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The City of Lost Souls

THE CITY OF LOST SOULS (Hyoryu Gai)

Takashi Miike, 2000

avec
Teah .... Mario
Michelle Reis .... Kei
Patricia Manterola .... Lucia
Mitsuhiro Oikawa .... Ko
Koji Kikkawa .... Fushimi
Ren Osugi
Akaji Maro
Anatoli Krasnov .... Khodoloskii
Sebastian DeVicente .... Rikardo
Terence Yin .... Riku
Atsushi Okuno .... Carlos
Akira Emoto .... Kuwata
Eugene Nomura .... Yamazaki
Marcio Rosario .... Sanchez
Ryushi Mizukami .... Ide

Parmi les quatre ou cinq films que Takashi Miike réalise chaque année, rares sont ceux qui parviennent jusque dans nos contrées. Après l'inquiétant Audition ou le délirant Dead or Alive, c'est au tour de The City of Lost Souls d'exciter l'intérêt des programmateurs des festivals. Extrêmement mal accueilli par les critiques de tous bords, que pouvait-on attendre d'un film où, d'après les bruits avant coureurs, des coqs parodient Matrix et les duels se règlent au ping-pong ?

Mario a fui le Brésil suite à une affaire qui a mal tourné. Il débarque au Japon pour retrouver Kei, une immigrée d'origine chinoise sur le point d'être expulsée. Mais cette dernière est tout ce que désire Ko, un inquiétant et puissant chef de triade. Mario a besoin d'argent et décide de monter un coup pour dérober de l'argent à des yakusas. Bientôt, ce sont les deux puissantes organisations mafieuses qui sont après Mario et Kei.

The City of Lost Souls est un gigantesque patchwork à la fois culturel et visuel. Dans un Japon multiracial (on pense parfois à Swallotail Butterfly de Shunji Iwai) et fantasmé (y a-t-il vraiment un désert au Japon ?) où se trouve, pêle-mêle, des brésiliens, des occidentaux, un russe, des noirs américains, des chinois et, tout de même, quelques japonais, les personnages, chacun à sa manière, représente une caricature de l'habitant type de son pays d'origine. Les brésiliens se battent à la capoera en plein Shibuya, le russe boit comme un trou son éternelle vodka, un jamaïcain passe son temps à faire le DJ en fumant, ... Ce "melting pot" de nationalités est relayé par un mélange des genres. Le film est autant une comédie romantique, un film de triades, de yakusas, de ping-pong, de combats de coqs, d'action voire un film fantastique( l'étrange Clara...). Le tout baigne, et heureusement, dans un humour ironique et un second degré de tous les instants, qui font de City of the Lost Souls un divertissement à la fois de qualité et, furieusement déjanté.

Evidemment, on peut critiquer nombre de choses. Ainsi, le personnage interprété par Michelle Reis est, à l'image de ce que Ko désire en faire, une poupée. Accrochée aux basques de Mario, son rôle est totalement effacé voire quasiment transparent. Mais une actrice inconnue aurait interprétée ce rôle, personne n'y aurait trouvé rien à redire. Les personnages, dans leur ensemble, sont extrêmement caricaturaux, de même que leurs réactions et attitudes. Ce n'est pas pour autant que le film soit téléphoné. Au contraire, il est plutôt brouillon, passant d'un genre à l'autre dans une frénésie incroyable et une débauche d'idées, plus ou moins originales. Si le suspense n'est pas à son comble, le rythme effréné et l'humour (avec plusieurs scènes savoureuses comme le combat de coqs, le brossage de dents à la cocaïne, ....) permettent de passer un bon, voire un excellent, moment.

Plus créatif et, par certains aspects, plus dérangeant (par sa violence, la drogue, le bondage) que les films de divertissement habituels, City of the Lost Souls devrait séduire ceux qui savent, parfois, se laisser tenter par un divertissement de qualité et ne cherchent pas à tout intellectualiser. Plus proche de Fudoh que de Audition, on comprend que les critiques aient pu voir en City of the Lost Souls, un film raté. Remettons les choses à leur place. C'est une série B, un film d'exploitation qui en a à la fois toutes les qualités et les défauts. Chercher à voir autre chose que cela dans ce film, est à la fois vain et c'est être à côté de la plaque.

Images©Rotterdam Film Festival

© Mars 2001