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Desert Moon

DESERT MOON

Shinji Aoyama, 2000

avec Hiroshi Mikami, Maho Toyota, Shuuji Kashiwabara.

Après avoir placé la barre très haut avec un Eureka superbe, on savait que Shinji Aoyama aurait certainement du mal avec son film suivant. Et plutôt que de changer radicalement pour mieux éviter les pièges, il nous sert un Eureka Canada Dry, une version light du chef d'oeuvre.

Un chef d'entreprise, Nagai, de la nouvelle économie est confronté à la faillite de sa boîte. De plus sa femme, Akira, l'a quitté en compagnie de sa fille de sept ans. Il croise alors la route d'un jeune gigolo asocial, Keechi, qu'il engage pour faire l'amour à sa femme. Mais ce dernier cherche à tuer son propre père puis à reconstruire la famille de Nagai.

Il est encore question de la famille dans Desert Moon. Mais, à l'image des autres thèmes abordés dans le film, il en est question de manière caricaturale et superficielle - le pseudo discours sur le capitalisme qui finit en queue de poisson, par exemple. Aoyama semble s'auto-caricaturer, et par là même nous assène tout les clichés du cinéma japonais contemporain : plans qui s'éternisent, hermétisme des personnages et des relations, rapport à la nature,...
Malheureusement, tout cela nous est servi sans conviction et on sombre vite dans l'ennui. Surtout quand Nagai nous martèle sa phrase favorite "quand on obtient un objet désiré, l'objet désiré disparaît". Cette réflexion est confrontée à celle de Keechi qui demande "Et si on n'obtient jamais l'objet désiré ?". Si l'idée de faire s'affronter les deux personnages est sympathique, voire passionnante, elle est totalement tuée dans l'oeuf par la lourdeur d'approche de Aoyama. On passe d'une tentative de théoriser sur la nouvelle économie et le capitalisme pour finir par le coup du "retour à la nature du cadre dynamique" et la reconstitution de la famille.

Autant être franc, on espère que Aoyama prendra plus de temps pour son prochain film. Mieux vaut un Eureka tous les dix ans qu'un Desert Moon tous les ans.

© Octobre 2001