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Body Snatcher from Hell

BODY SNATCHER FROM HELL (Goke the Vampire / Goke, Body Snatcher from Hell / Vampire Gokemidoro)

Hajime Sato, 1968

avec Teruo Yoshida, Tomomi Sato, Eizo Kitamura, Hideo Ko, Kathy Horan, Yûko Kusunoki, Kazuo Kato, Hiroyuki Nishimoto

Toujours prompts à récupérer des thèmes en provenance de films occidentaux, les japonais ont acquis un talent indéniable pour les adapter à leur propre sauce, rendant la filiation parfois difficile reconnaître. Goke the Vampire est un exemple parmi tant d'autres. Empruntant un personnage de vampire qui ne fait pas partie du bestiaire traditionnel japonais, le film n'a cependant guère de point commun avec un film de vampire occidental.

Un terroriste détourne un avion de ligne mais des phénomènes étranges se produisent et suite à une rencontre avec un engin extraterrestre, l'avion est forcé d'atterrir en catastrophe dans une région isolée et montagneuse. Alors que des dissensions surviennent parmi les passagers luttant pour survivre, le terroriste entre dans l'engin extraterrestre. A l'intérieur, une sorte de blob pénètre dans son crane par une ouverture créée au beau milieu du front. De terroriste, l'homme devient un vampire et part à la recherche de proies...

Les années 60 ne sont pas réputées pour leur sobriété, dans le cinéma tout particulièrement. Orgie de couleurs, décors kitsch au possible, cette débauche se fait plus sentir encore quand il s'agit de science-fiction, japonaise qui plus est. Entre les décors dans les tons rouges, qui font penser à un atterrissage forcé sur Mars, l'esthétique hallucinante du vaisseau spatial - dont la forme extérieure reste cependant d'un très grand classicisme, et de la présence extraterrestre même, qui se posent en précurseur d'un épisode de Cosmos 99, Goke the Vampire ne fait pas dans la finesse. Ajouter à tout cela un vampire qui élimine une à une ses victimes qui subissent des morts aussi variées qu'horribles, une américaine hantée par la mort de son mari au Vietnam et défiguré par le napalm (!) et un couple de héros constitué du pilote et d'une hôtesse de l'air, un soubresaut de kawai (mignon) certainement, et vous pouvez aisément imaginer l'ambiance du film, moins dangereux mais tout aussi fun qu'un trip au LCD.
Et à propos de drogue, le retour est plutôt rude et s'apparente plus à un mauvais trip qu'à un simple retour à la triste réalité des choses. En effet, lorsque nos deux tourtereaux finissent par éliminer la menace suceuse de sang, ils découvrent avec horreur que l'ensemble des habitants d'une ville proche qu'ils ont réussi à rejoindre gisent tous morts, sans exception. Un mouvement de caméra nous montre le couple, pathétique au milieu d'une humanité déjà rangée sur les étagères du passé. La camera continue de s'éloigner du couple, dévoilant la planète bleue puis des hordes de soucoupes volantes qui ne tardent pas à transformer la Terre en un caillou froid et sans vie...

Radical dans sa conclusion, Body Snatcher From Hell nous change avec bonheur des héros qui sauvent le monde à la dernière minute. Entre allusion à la guerre du Vietnam et au terrorisme, Body Snatcher From Hell est un film comme une vision pessimiste mais ancré dans la réalité son temps d'un monde qui découvrait que tout n'était pas si rose même après les horreurs insoutenables de la seconde guerre mondiale. De l'horreur politico-sociale radicale à ranger aux côtés de La Nuit des Morts Vivants de Romero.


© Septembre 2002