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Guinea Pig 1

GUINEA PIG 1 : Devil's Experiment

Hideshi Hino (?), 1988

Enfin j'ai pu visionner cet ovni japonais ! D'une durée très courte (43 minutes), cet essai cinématographique plutôt qu'un film n'est pas à mettre devant tous les yeux.

Finalement très peu sanglant graphiquement mise à part la scène finale (assez éprouvante tout de même), le film suit une courbe ascendante dans l'horreur. Courbe en escalier puisque le film est chapitré en fonction du type de torture infligée à une jeune femme par trois hommes masqués et quasiment continuellement hors-champs. Le tournage en vidéo ajoute à l'aspect documentaire et surtout donne souvent l'impression de glisser vers le Snuff Movie (pas de crédits par exemple).

Les tortures infligées commencent par des claques dont un petit compteur nous indique le nombre reçu par la victime. Petite trouvaille reprise pour les coups de pied puis pour le nombre de tours effectués sur une chaise rotative et enfin pour comptabiliser les heures pendant laquelle la fille est forcée à écouter au casque une mystérieuse musique (ou du bruit ?). Torture bizarre qui dure pendant 20 heures !

Mais le petit plus de Guinea Pig, outre que le simple fait pervers de filmer des actes de torture et d'humiliation, c'est la construction intelligente de l'ensemble. Utilisation judicieuse d'effets sans en abuser (ralenti, rotation de la caméra, …) et surtout changements brutaux de décors. L'action se tient dans une pièce mais on en sort parfois pour filmer l'extérieur (la nature), apportant un contraste net (de l'obscurité à la lumière, du cloisonné à l'espace). Contraste à relativiser du point de vue de la victime qui est attachée et torturée à l'intérieur et que l'on retrouve suspendue dans un filet à l'extérieur. Comme pour signifier que pour elle, l'horreur est partout. Le film favorise l'ambiance au visuel, ce qui rend l'expérience encore plus troublante, plutôt que gerbante.

Guinea Pig est donc, comme je l'ai déjà dit, plus un essai qu'un film, voire une performance artitistique (comme l'indique le titre, experiment). En cela (par sa construction et son professionalisme) il se détache totalement de notre troublion national, Costes. Si le sujet peut en rebuter certains, il ne m'apparaît pas vain et peut être considéré comme peut l'être un film pornographique. Mais non perverti par la logique commerciale qui guide les productions pornographiques (du moins, la plupart d'entre elles), Guinea Pig est donc une véritable expérience, un voyage dans la perversion et l'horreur.

A vous de décider si vous êtes intéressé ou non pas ce type d'expérience. Comme pour tout type d'oeuvres, on est sensible à certaines et insensible à d'autres.