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Du Rififi Chez les Truands

DU RIFIFI CHEZ LES TRUANDS (Hakuchu no buraikan / Greed in Broad Daylight / High Noon for Gangsters)

Kinji Fukasaku, 1961, N&B

avec Tetsuro Tamba, Noako Kubo, Harumi Sone.

Premier long métrage de Fukasaku, Du Rififi chez les Truands tire son inspiration, selon son auteur, du film de Jacques Becker, Touchez pas au Grisby. Si la mise en scène reste classique et n'est pas encore marquée de la patte Fukasaku, le ton, les thèmes et la tournure de l'histoire sont indéniablement japonais et typiques du réalisateur.

Un yakusa endetté réunit autour de lui plusieurs gangsters dont un coréen, un G.I. noir américain aux pulsions sexuelles incontrôlées, un américain et sa femme, une prostituée, ... Tout ce beau monde est engagé pour braquer un camion d'une banque américaine. Mais le racisme, les trahisons et le partage du butin déchirent le groupe.

Du Rififi chez les Truands ne surprend ni par sa mise en scène, ni par son originalité, loin de là. Fukasaku réalise un film très académique et très semblable à la production internationale (le film est quasiment exclusivement en anglais), américaine et française surtout, du moment en matière de policier. Là où le réalisateur japonais fait montre de son talent, c'est plutôt dans les thèmes exploités, les dialogues savoureux et une fin explosive.
Le racisme est judicieusement exploité car plutôt que de s'en tenir à des querelles d'ordre idéologique, ce dernier est transcendé par la motivation réelle de chacun des protagonistes, à savoir la cupidité. Oubliant leur racisme respectif, chacun tente de récupérer l'ensemble de l'argent, quelque en soit le prix. L'intrigue rebondit donc sans cesse en fonction des alliances et trahisons qui émaillent le film, jusque dans les derniers instants. Chacun utilisant ses talents particuliers pour ramener la couverture à soi.

Mais Fukasaku dynamise le film par des dialogues pleins d'humour, un regard peu complaisant sur ses personnages, et une bonne dose d'action, le tout se trouvant concentré dans un flamboyant final. En cherchant bien, on perçoit certains éléments que l'on retrouvera plus tard dans les films de Fukasaku. D'une part un goût prononcé pour la violence et un certain nihilisme - du moins un pessimisme inquiétant, le thème de la présence américaine ainsi que des personnages de yakusas forts en gueule ou complètement barrés.

Avec ce premier film, Fukasaku fait d'un coup d'essai, un véritable coup de maître. On notera le présence de Tetsuro Tamba que l'on retrouvera plus tard, notamment, dans l'excellent Trois Samouraïs Hors la Loi de Hideo Gosha.

 

© Août 2001