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Shark Skin Man & Peach Hip Girl

SHARK SKIN MAN & PEACH HIP GIRL

Katsuhito Ishii, 1998

avec Tadanobu Asano, Ittoku Kishibe, Shingo Tsurumi, Kimie Shingyouji, Susume Terajima, Sie Koninata.

Encore un Ishii à ne pas confondre avec Sogo Ishii (Le Labyrinthe des Rêves) ou Takashi Ishii (Gonin). Premier film de ce cinéaste japonais, Shark Skin Man & Peach Hip Girl s'offre un casting plus qu'intéressant : Tadanobu Asano, Susume Terajima et Ittoku Kishibe mais marque aussi les débuts de Sie Koninata que l'on découvrira bientôt dans Eurêka de Aoyama Shinji.

Samehada (Shark Skin Man, Tadanobu Asano) est poursuivi par une meute de yakusa qu'il a trahi. En fuyant, il kidnappe Toshiko (Sie Koninata), employée d'un hôtel et elle aussi en fuite d'un oncle dépravé. Peu à peu un lien s'établit entre eux mais pas de temps pour la romance : les tueurs déjantés dirigés par l'inquiétant M. Tanuki (Ittoku Kishibe) et un homme de main bizarre envoyé par l'oncle de Toshiko sont sur leurs basques ainsi que l'ancien compagnon de Samehada, Sawada (Susume Terajima).

Ça commence comme un polar très nerveux et mode avec un générique mêlant BD et extraits du film. Ça continue et ça finit sur le même ton. Shark Skin Man & Peach Hip Girl est donc une sorte de série B policière rythmée et aux personnages déjantés. Un film qui s'inscrit en droite ligne de films tel que Pulp Fiction de Quentin Tarantino.

Si l'histoire est très linéaire et sans surprise, l'accent est mis sur les personnages. Pas spécialement dans la psychologie des personnages mais plutôt sur l'aspect visuel. Ainsi la bande de yakusas à la poursuite de Samehada est un ramassis de tueurs tous plus tarés les uns que les autres. Leur chef Tanuki collectionne des affiches publicitaires et est vêtu d'un imper bizarre en latex noir tandis que son fils, tout en blanc et oxygéné, renifle la piste de ses proies comme un chien ! Et c'est loin d'être les plus fous. Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Le seul être normal est Sawada, l'ancien compagnon de Samehada qui cherche à sauver ce dernier. Il constitue le lien qui rattache Samehada à son ancienne condition.

Samehada dont on devine qu'il ne devait pas être tout à fait à sa place au milieu de ses anciens partenaires, semble lui aussi normal. Toshiko (Peach Hip Girl) en est le pendant féminin. Jeune fille timide qui fuit un oncle pervers voulant l'épouser. Tous deux étaient donc fait pour se rencontrer. Mais le film ne s'égare pas dans une fuite romancée du couple (qui n'en est pas vraiment un) qui n'ont guère le temps de chômer. Surtout qu'intervient Yamada, un homosexuel aux allures de lycéen américain des années 50, ce baladant dans une voiture banalisée de la police américaine elle aussi des années 50, bardée d'antennes et d'appareils de surveillance. Ce dernier tombe amoureux de Samehada ce qui l'empêche de mener à bien sa mission !

Le traitement est assez proche de celui de Kitano avec un recours quasiment systématique à l'ellipse, des personnages très typés et des éclairs de violence sèche. Modèle dont Ishii semble avoir du mal à se détacher.

En résumé, ce film est un excellent divertissement servit par de très bons acteurs mais qui souffre d'un manque d'originalité certain et apparaît au final comme un joli produit marketing bien calibré (site internet peaufiné, titre à l'allure de logo, musique rock).