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Dans le Silence du Monde

DANS LE SILENCE DU MONDE (Kya Ka Ra Ba A)

Naomi Kawase, 2000

avec Naomi Kawase

Naomi Kawase s'est fait un nom avec son premier long métrage, le superbe Moe No Suzaku. Avant de pouvoir découvrir son second long métrage (Hotaru), elle nous revient avec un documentaire autobiographique.

Documentaire autobiographique certainement, mais loin de tout académisme. Filmé entièrement à la vidéo, le documentaire retrace la recherche par Naomi Kawase de son père biologique en même temps que sa quête intérieure qui va l'amener à reconsidérer les raisons de cette recherche et le rapport à ce père. Divisé en deux parties très différentes, le documentaire est autant déconcertant par sa violence que esthétiquement réussi.
La première partie est marquée par une approche très expérimentale des images. La caméra est mobile et les voix hors-champ. Les conversations avec le père se font au téléphone et ce dernier n'est aperçu que sur des photos. Le choix esthétique de Naomi Kawase tranche avec le thème, qui constitue la partie la plus classiquement documentaire. N. Kawase est en quête, elle ne sait pas encore quoi filmer, ne sait pas encore ce qui constitue un véritable intérêt. Elle filme ses trajets en voiture sous la pluie, son ombre sur un arbre ou un coucher de soleil flou (sic). Elle n'apparaît pas physiquement devant la caméra mais elle est bel et bien présente de façon détournée. Ainsi filme-t-elle le générique de Moe no Suzaku dans une salle de cinéma ou reprend-elle des images de la remise de sa caméra d'or à Cannes. Lentement le sujet change et c'est Naomi Kawase qui devient l'objet du documentaire. Le film bascule dans l'introspection suite à sa rencontre avec un tatoueur traditionnel.
Au cours de cette rencontre déterminante, c'est une véritable psychothérapie qu'entreprend Naomi Kawase. La discussion, l'échange est passionnant, et révèle à Naomi Kawase en même temps qu'à nous, les raisons intérieures de la quête entreprise. Cette fois, l'image est plus classique. Naomi et le tatoueur sont filmés par un tiers. Et Naomi Kawase est véritablement mise à nue, au propre comme au figuré. Paradoxe de celle qui veut voir sa peau recouverte d'un impressionnant tatouage et qui se retrouve finalement nue.
Un documentaire rare et beau.

© Novembre 2001