There is a Secret in my Soup

(Yeung Chi Gin, 2001)

Avec
Michael Wong Man Tak
Ng Doi Yung
Gabriel Harrison
Timothy Zao
Chan Chiu Chiu
Angela Tong Ying-Ying
Christy Cheung Wing Yin
Chow Ka Yu
Ng Ting
Chan Chung Wai
Ng Sui Ting
Mak Wai Kin
Hui Siu Hung

 

3

L'art ménager érotique

Rien de mieux que le système D

Ne pleure pas, c'est juste le début

Une peluche mosaïquée !

La fameuse rape humaine...

Le secret d'une soupe savoureuse

Tends tes doigts !

Ne pas oublier de vider le corps avant de le cuisiner

 

Toujours à l'affût du moindre événement sordide pour le transformer en une source d'argent facile (The Untold Story) , les réalisateurs de HongKong ne pouvaient pas passer à côté de cette occasion rêvée qui leur a été offerte par un fait divers particulièrement horrible. C'est donc deux films de Catégorie III qui sont sortis en même temps. L'un d'eux est celui dont je vais vous parler, There is a Secret in my Soup.

Rien qu'au titre, on imagine assez bien le genre d'horreurs contenues dans le film.

Cinq individus (trois hommes et deux femmes) séquestrent une jeune fille, Maggie, pour cause de dette impayée. Subissant les pires outagres de ces quatre drogués, elle finit découpée et cuisinée.

Autant dire tout de suite que Yeung Chi Gin (réalisateur du plus que moyen China Dolls) ne fait pas dans la finesse. S'inspirant largement de procédés déjà employés dans des films comme Legal Innocence, on découvre peu à peu l'histoire par l'intermédiaire de flashbacks initiés par les confessions des cinq meurtriers (dont le chef est joué par Ng Doi Yung, réalisateur de Jail of No Return et aperçu dans Daughter of Darkness) auprès de l'officier de police joué par Michael Wong (moins crétin que dans Mad Stylist). On commence donc par le découverte du crâne de la victime dans une peluche avant de remonter les événements pour savoir comment cette partie de corps humain est arrivée là.

On ne peut pas reprocher grand chose à Yeung Chi Gin si ce n'est son manque total d'imagination et d'originalité. Principalement dans la manière de filmer. Il se perd même dans une scène érotique interminable (plus de dix minutes !) où le seul intérêt est de voir la corps de la fille parcouru par divers objets (notamment un aspirateur, un clin d'oeil à Exorsister ?). Evidemment, s'il satisfait une partie des spectateurs par ce genre de scènes dénudées, l'amateur de Catégorie III en demande davantage.

Et Yeung Chi Gin lui en donne. La pauvre Maggie subit les pires tortures. Elle est brûlée, frappée violemment à l'aide d'un tabouret ou d'une barre de fer, rapée (à l'aide d'une rape à légumes), humiliée (elle mange des excréments, se fait pisser dessus), réduite à l'état d'animal maltraité. Yeung Chi Gin nous offre également la désormais classique scène d'individus mangeant sans le savoir de la viande humaine (The Untold Story, encore une fois) ainsi que celle (certainement encore plus classique) du découpage d'un corps humain. C'est satisfaisant car suffisamment sordide mais cela reste très convenu.

Peut-être plus intéressant est la description des meurtriers. Ce sont des petites frappes totalement sous l'emprises de drogues et bourrés tous les soirs. S'ils maltraitent Maggie intentionnellement, il la tue par accident. Si la plupart d'entre eux se montrent particulièrement violents (les hommes ainsi qu'une des filles qui se prend vite au jeu de la torture avec un sadisme incroyable), une des filles (Christy Cheung, aperçue dans Spacked Out !) reste totalement passive. Cependant, par peur, elle ne fait rien pour sauver Maggie. Une description du milieu sordide des exclus de la réussite économique qui s'enfoncent dans la drogue et la prostitution.

Enfin, notons tout de même une petite trouvaille sympathique. Durant tout le film, la peluche dans laquelle sera mise la tête de la victime (après qu'elle eût été cuisinée) n'est jamais montrée clairement mais systèmatiquement mosaïquée. Cette astuce émoustille la curiosité et surtout rappelle sans cesse le futur sort de Maggie. C'est bien le seul trait de génie d'un film bien fade. Peut être le secret du film à l'image du secret de la soupe.

© Février 2001